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Autrefois on commandait à l’enfant d’apprendre un métier. Puis on lui a dit « Passe ton bac d’abord ». Ainsi on s’est mis à préférer le bien immatériel de la connaissance qui rapporte au geste, moins rémunérateur, lent et passionné du bon et du beau. Une brèche s’est ouverte entre l’abstrait et le concret, l’intellectuel et le manuel, la pensée et le labeur, la réflexion et l’aliénation.
Le beau et le bon ont néanmoins gardé un certain prestige, par exemple, avec la restauration artisanale de Notre-Dame ou les produits de l’industrie agro-alimentaire et de la domotique qui prétendent faire perdurer les recettes de grand-mère et promeuvent la lessive au rang de vedette. De son côté, le bien prend vite prétexte de la complexité pour se parer de la puissance pontifiante de la science.
De nos jours, les professions sont en danger. Le faire des métiers du beau et du bon est concurrencé par des robots. Et le savoir des métiers du bien est de plus en plus challengé par l’intelligence artificielle.
La littérature qui explore les métiers au fil du temps se nourrit de ces antinomies et de ces évolutions. Elle nous aide à y voir plus clair sur comment transmettre le savoir-faire aux générations futures.
Michel LEBOEUF
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